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D’organisme formateur à partenaire formation

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Depuis quelques années, le rôle des organismes de formation glisse vers des activités de conseil plus que de pure formation. Une conséquence des réformes successives, comme l’explique Meryem Hénon Benarbia, chargée de développement commercial et pédagogique chez Agiss Formation, qui fait le point sur ce que cela signifie pour les formateurs et les entreprises.

Depuis quand constatez-vous une transformation de votre métier ?

Cela a commencé avec l’avant-dernière réforme de la formation professionnelle en 2014, et s’est conforté avec la dernière. Chaque réforme essaie de fluidifier davantage la formation professionnelle, de rendre ce secteur moins nébuleux et d’encourager l’entreprise à la prendre en main. Cela nait du besoin de demander aux professionnels d’être acteurs de leur carrière. L’entreprise se trouve au centre de ce besoin. Par ailleurs, parce que le financement est de moins en moins pris en charge, les entreprises se penchent davantage sur ce qu’elles achètent et sur le retour sur investissement.

En quoi le rôle des organismes de formation est-il impacté ?

Nous passons d’organisme formateur à partenaire formation. Nous ne sommes plus seulement formateur, mais accompagnateur et conseiller. L’entreprise a besoin de quelqu’un avec qui elle peut co-construire la formation. Le consultant doit pouvoir l’accompagner dans l’analyse de ses besoins, le diagnostic, l’outillage et l’évaluation post-formation. Le but est soit d’outiller l’entreprise pour qu’elle puisse ensuite former elle-même en interne, soit de l’accompagner pour qu’elle trouve la solution adéquate, puisque les offres et les modalités pédagogiques sont nombreuses.

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Qu’est-ce que cela signifie pour les consultants ?

Au lieu de s’adresser à un organisme qui se contente de remplir un planning, l’entreprise souhaite avoir affaire à une personne qui sait de quoi elle parle, qui a des connaissances approfondies sur le secteur, l’employabilité, l’évolution… Quelqu’un qui soit au courant de la GPEC, capable d’anticiper les besoins et de parler en termes de compétences et d’écart. Mais aussi quelqu’un qui maîtrise tous les dispositifs, leurs évolutions, qui se tient au courant des nouveaux décrets, etc.

Selon vous, est-ce une évolution positive ?

Oui, dans le sens où ce glissement des tâches rend le métier plus intéressant. Autrefois, « conseiller en formation » était presque synonyme de commercial. Il s’agissait de vendre une offre. Aujourd’hui, le terme a du sens. Il est lié à la notion de capital humain. Par exemple, nous avons connu l’époque où certains salariés venaient en formation parce qu’on le leur avait demandé. Il y avait des quotas à former et ils ont accepté, mais une fois de retour en poste, il ne se passait rien. Aujourd’hui, nous constatons une plus grande implication de l’individu et après une formation, il y a une véritable évolution, un gain d’efficacité, un développement de compétences et d’employabilité…

Comment pensez-vous que le métier va évoluer ?

Cela va dépendre des futurs gouvernements, mais je pense que nous n’allons pas revenir en arrière. Le but restera de responsabiliser tous les acteurs, de considérer la formation comme un investissement et de capitaliser sur ses ressources internes. Le rôle de l’organisme de formation en tant que conseiller ne fait donc que commencer.

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Propos recueillis par Séverine Dégallaix


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